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Christophe GREFFET - Intervention sur le débat d'orientations budgétaires - Session décembre 2021

SESSION DE L’ASSEMBLÉE DU CONSEIL DEPARTEMENTAL DE L’AIN

LUNDI 13 DÉCEMBRE 2022


INTERVENTION DE CHRISTOPHE GREFFET

RELATIVE AU DÉBAT D'ORIENTATIONS BUDGÉTAIRES



Monsieur le Président, Mes chers collègues,


A vous entendre ce matin à l’occasion de votre discours liminaire rappelant l’enjeu présidentiel et en appelant aux candidats comme d’ailleurs Damien Abad, il me revient ces mots de Raymond Aron.


Il y a en politique -disait-il- trois grands tempéraments : « L’autoritaire [qui] dit : j’affirme ! Le Révolutionnaire [qui] dit : je nie ! [Et] que dit le libéral ? Il dit : je distingue. »


Je ne saurais pour ma part que trop suggérer la nuance dans un temps où les certitudes en béton armé envahissent le débat public et répondent en vérité bien peu aux problèmes du moment.


Les sujets nous les connaissons : comment faire en sorte que les Aindinoises et les Aindinoises se forment dès le plus jeune âge dans des collègues adaptés, qu’ils puissent de déplacer aisément et en toute sécurité ; et qu’ils évoluent dans un environnement propice à leur santé et à leur épanouissement personnel et familial.


Une étude fort intéressante conduite auprès des 18-30 ans parue hier valide d’ailleurs la santé, l’éducation et la lutte contre le réchauffement climatique comme préoccupations premières. Et force est de constater que leur défiance est grande à l’égard des partis de gouvernement pour y répondre : c’est le bloc d’extrême droite qui a leur préférence et de loin dans les intentions de vote pour 2022. Lorsqu’ils votent puisque la moitié ne se sent pas concernée.


Ce qui est certain c’est qu’on ne saurait leur donner satisfaction sans relever le défi du siècle : 71% de nos concitoyens estiment déjà que le réchauffement climatique à un impact sur leur vie. D’ici 10 ans, nous serons irrémédiablement engagés vers une hausse des températures de plus de 1,5° -probablement 2,5°- à l’échelle planétaire.


Raison de plus pour reprendre la main sur ces sujets au plan local.


Vous affichez une ambition d’investissement à l’occasion de ce DOB : avec 25 millions d’euros de plus de DMTO cette année, nous pouvons l’assumer. Il convient maintenant de dire comment nous allons rendre notre patrimoine plus sobre au plan énergétique ; comment nous allons contribuer au mix énergétique grâce à des gisements de foncier ou de toitures à l’échelle de l’Ain.


Comment également nous allons prendre notre part dans la mobilité alternative : à cet égard, le schéma départemental des mobilités qui s’esquisse doit identifier les tracés de cette mobilité douce plébiscitée par les habitants. Il doit considérer tous les usages et tous les usagers de la route, et non pas seulement les automobilistes. Mieux, le département doit dire comment il va accompagner financièrement la réalisation de ces tracés.


Nous savons bien que l’investissement est soumis à des cycles voire à des crises. La preuve, c’est que l’an dernier l’investissement départemental a chuté de 18 millions d’euros. C’est l’occasion -avec des recettes supplémentaires- de soutenir encore davantage les territoires qui peuvent être des maîtres d’ouvrages extrêmement réactifs. Et nul doute qu’un soutien supplémentaire dans des domaines choisis par notre collectivité impulsera une réelle dynamique de travaux.


Au-delà de l’addition des projets qui est aujourd’hui égrenée, c’est une ligne claire qu’il faut tracer pour permettre à chacun d’y adhérer et faire taire le défaitisme environnemental ambiant.


De ces enjeux essentiels, il a bien peu été question -et c’est dommage- aux assises des Départements de France -en tout cas dans les discours principaux. D’aucuns et notamment les observateurs les plus avisés ont pu dire « tout ça pour ça » : hormis quelques ajustements techniques -à l’image de cette thésaurisation des DMTO- bien peu de choses sur les enjeux communs.


Le succès de l’organisation ne peut pas masquer l’absence d’avancée notables sur nos sujets et notamment le reste à charge des allocations universelles.


Il a été encore moins question d’une nouvelle phase de la décentralisation à laquelle je crois -majorité et minorité- nous aspirons tous. L’occasion nous est donnée à lors du prochain budget de dire comment nous tendons vers les objectifs qui nous sont fixés collectivement.


Les feuilles à l’échelle régionale et au plan local sont aujourd’hui suffisamment connues au travers des schémas et autres plans climat pour nous y inscrire utilement.

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