Guy Larmanjat - Intervention sur le budget primitif - Session février 2024
- Lain pourtous
- 5 févr. 2024
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Dernière mise à jour : il y a 20 heures
La crise agricole gronde et nos agriculteurs sont épuisés de voir comment les marchés dérégulés les plongent dans la précarité financière. Nous avons débattu de ceux-ci, ce matin. Nous aurions donc pu espérer -à l’aune de ce budget- voir les crédits dédiés à l’agriculture augmentée de façon notable. Ils n’ont en effet pas évolué depuis 2015 depuis maintenant neuf ans.
2024 aurait pu nous permettre d’afficher un soutien particulier à la profession. Notamment en matière de restauration collective. Agrilocal, a fait aussi partie du débat ce matin, -cité dans le vœu que nous avons émis, est certes un bon outil pour la commande publique départementale mais il ne permet pas d’atteindre les objectifs de la loi EGALIM. Loin s’en faut dans l’Ain.
Nous l’avons maintes fois rappelé ici. Au moment où l’Etat affiche son ambition de faire respecter la règle des 50% de produits sous signe de qualité dans l’assiette, et on peut débattre effectivement sur ces termes, c’était le cas ce matin, il serait bien que notre département affiche sa vision pluriannuelle pour y parvenir dans ses collèges. Cette loi a été faite pour et par les agriculteurs afin d’irriguer les productions locales vers la restauration collective.
Ce budget ne participe pas non plus au rattrapage des politiques publiques que vous avez décidé d’amputer. Nous déplorons par exemple que le budget culture a perdu près de 100 000€ par an, mais nous avons déjà eu l’occasion de le dire, depuis dix ans. Alors que notre pays se déchire et que les valeurs républicaines s’abiment, nous aurions grand besoin de culture pour fédérer les habitants et promouvoir le vivre ensemble. Le milieu culturel départemental ne s’en porterait que mieux. C’est aussi l’accès le plus large à la culture qui est en jeu.
Vous avez pourtant eu, et vous venez de le rappeler Monsieur le Président, cette chance inouïe de pouvoir compter de longue date sur une fiscalité exponentielle des Droits de mutation à titre onéreux. Près d’un demi-milliard de plus en huit ans comparativement aux huit années précédentes. Un demi-milliard. Du jamais vu !
Un bénéfice qui devrait être utile au soutien d’une politique forte en faveur du logement afin d’accueillir nos 6000 nouveaux habitants chaque année.
Le logement demeure la principale dépense des Aindinois et tous ne peuvent pas devenir propriétaires.
Bien sûr les décisions nationales, et on a toujours été à vos côtés là-dessus, ont un impact très négatif sur la production du logement social, mais le Département ne doit pas fuir ses responsabilités. Le département n’investit pas plus qu’il y a dix ans dans le domaine alors que nous connaissons une envolée des prix et des besoins.
Avec 19 millions d’euros, nous, on avait trouvé 19 millions d’euros, Pierre a parlé plutôt de 15 ou 17, de dépenses aujourd’hui -un montant guère plus élevé qu’en 2015- notre effet de levier a diminué de près de 25%.
Nous devons à ce secteur un effort financier supplémentaire pour accompagner notre ambition. Il faudrait au bas mot consacrer cinq millions de plus à la production de logements ne serait-ce que pour corriger, malheureusement, l’effet inflationniste du coût de la construction.
Sur le plan médical, nous ne pouvons pas nous résoudre aux difficultés de recrutement de médecins salariés. Il y a fort à faire et nous vous avons proposé des pistes de travail. Notamment, renforcer le rôle des infirmières et leur prise en charge des patients constitue un axe à travailler. Les dix prochaines années vont être très dures pour les Aindinois dans l’accès aux soins. Nous pourrions accompagner l’embauche des infirmières auprès des médecins en poste pour les aider.
Le budget vert permet de qualifier chacune de ces lignes à l’aune de leur impact environnemental ; à savoir 138 millions sur les 770 de notre budget. Cela dit beaucoup de ce qui nous reste à travailler pour entrainer notre département dans une véritable transition écologique.
Et en particulier pour ce qui est de la production énergétique.
Certes, le renfort au capital de la SEM LEA est une bonne chose, mais il eût été intéressant de nous présenter l’ambition des chantiers départementaux sur la production d’énergie renouvelable. Nous disons à nouveau que les toitures de nos collèges et des casernements de pompiers doivent être solarisées. Les jurys de concours affichent encore trop peu d’ambition dans le domaine.
Les défis sont immenses et notre collectivité doit plus que jamais être au rendez-vous.


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