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Christophe GREFFET - Question à la préfète sur les usagers de la route - Session juillet 2022

SESSION DE L’ASSEMBLÉE DU CONSEIL DÉPARTEMENTAL DE L’AIN

LUNDI 4 JUILLET 2022


QUESTION À MME LA PRÉFÈTE DE CHRISTOPHE GREFFET

RELATIVE AU VELO ROUTE ET AUX DÉLAIS DES PROJETS


Madame ma Préfète, Monsieur le Président, Mes chers collègues,


L’actualité s’est fait récemment l’écho de la condamnation en Charente-Maritime d’un chauffeur accusé d’avoir renversé un cycliste avec son camion puis de l’avoir roué de coups au point d’entrainer une interruption de travail de 30 jours pour la victime.


L’affaire a suscité beaucoup d’émoi d’autant que les faits ont été filmés par la caméra frontale du cycliste nous donnant à voir une violence inouïe et inacceptable.


Si j’évoque le sujet, c’est que cette agressivité, beaucoup de cyclistes la ressentent partout en France y compris dans l’Ain. Certains m’ont dit encore récemment comment le seul fait de rappeler les distances de sécurité à respecter -par un simple geste- avait pu déclencher l’hystérie d’un automobiliste.


C’est donc bien le comportement des usagers de la route qui est questionné mais plus largement la sécurisation de la pratique du vélo.


L’Etat flèche des fonds conséquents à la réalisation de voies cyclables mais les dernières assises nationales ont démontré que la consommation des crédits n’était pas au rendez-vous : seulement 25 millions d’euros dépensés à ce jour sur les 350 promis en 2018.


C’est que les injonctions sont souvent contradictoires entre mobilité et bio diversité. A devoir s’accommoder des zones Natura 2000 ou de l’objectif zéro artificialisation nette.


Nos politiques départementales sont aussi questionnées : quelle ambition dans ce mandat en matière de voies cyclables dans l’Ain et notamment quel kilométrage de surlargeur pour nos routes départementales ?


Si nous voulons décarboner et sécuriser nos déplacements, nous devons faire davantage en matière de voies cyclables. Tous les niveaux de collectivités sont convoqués et questionnés. D’où mon interrogation madame la préfète, monsieur le Président.


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Il ne se passe pas une semaine sans qu’un responsable politique ne mette une urgence à l’agenda du pays. Entre autres priorités, la transition énergétique ou la réindustrialisation de la France après ce constat sévère -d’ailleurs- de notre grande dépendance extérieure dans les crises qui se succèdent.


Les collectivités et les élus que nous sommes ne demandent pas mieux que répondre aux défis et porter les aménagements nécessaires. Mais la vérité c’est que nous ne soutenons pas la comparaison avec nos amis européens pour ce qui est des délais de conduite de projets.


On ne sait pas construire une centrale nucléaire en moins de 15 ans. Il nous faut sept à neuf ans pour terminer un parc éolien terrestre contre trois en Allemagne. Valider un projet industriel prend 17 mois ici contre six mois en Suède ou quatre en Allemagne et en Pologne. Et pour ce qui est de la logistique, vitale au commerce et à l’industrie et très présente dans l’Ain, nous sommes au bas mot à 9 mois de procédures environnementales soit trois fois plus qu’en Allemagne ou en Pologne.


Et je ne parle pas des infrastructures routières ou des centres commerciaux. L’Ain est à ce point concerné par ces projets qui procrastinent que je ne pourrai pas tous les citer. Mais chacun les a bien à l’esprit.


A ce jeu-là, ce sont nos territoires qui perdent en attractivité.


La lourdeur des procédures est en cause bien sûr. La judiciarisation aussi et les délais de jugement se chiffrent parfois en années. A quand ce choc de simplification ? L’enjeu c’est d’accélérer l’action publique si l’on veut être au rendez-vous des urgences.

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